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Dès le 11 décembre prochain, la SNCB élargit son offre de trains. Et pourtant, cette offre de trains entre Bruxelles et Liège sera diminuée d’un train de près de 900 places entre 16h et 17h suite au déplacement de 87’ de l’actuel train P 8444 (départ 16h21 à Bruxelles-Midi). Ce déplacement est la conséquence de l’attribution prioritaire des horaires aux trains internationaux opérés par des opérateurs privés, dans ce cas-ci au train ICE 215 de la Deutsche Bahn, sur la ligne à grande vitesse. La SNCB refuse la mise en place d’une alternative crédible pour les voyageurs lésés et se contente de les renvoyer vers les autres trains qui sont déjà suroccupés, plus tard et plus lents. Le "Groupe de travail 8444" réagit. 

Les « punis » du Plan de Transport 2017 de la SNCB

Dès le 11 décembre prochain, la SNCB élargit son offre de trains. Et pourtant, cette offre de trains entre Bruxelles et Liège sera diminuée d’un train de près de 900 places entre 16h et 17h suite au déplacement de 87’ de l’actuel train P 8444 (départ 16h21 à Bruxelles-Midi). Ce déplacement est la conséquence de l’attribution prioritaire des horaires aux trains internationaux opérés par des opérateurs privés, dans ce cas-ci au train ICE 215 de la Deutsche Bahn, sur la ligne à grande vitesse. La SNCB refuse la mise en place d’une alternative crédible pour les voyageurs lésés et se contente de les renvoyer vers les autres trains qui sont déjà suroccupés, plus tard et plus lents.

« Depuis le mois d’avril et l’annonce de ce changement, des voyageurs concernés se sont mobilisés et ont créé un groupe de travail afin de travailler à des propositions alternatives afin que ce changement impacte le moins possible les voyageurs », réagit Gianni Tabbone, porte-parole de Navetteurs.be.

Ce Groupe de travail a eu l’occasion de rencontrer la SNCB lors de trois réunions où les points de vue et propositions de chacun ont pu être exposés. Malheureusement, le groupe a le sentiment d’avoir été mené en bateau. Il dénonce un blocage volontaire de la part de la SNCB étant donné qu’aucun argument objectif n’empêchait la mise en place d’au moins une alternative : un arrêt supplémentaire du train IC 415 Courtrai-Welkenraedt en gare d’Ans et la garantie pour les voyageurs vers Bressoux et Visé d’une correspondance assurée à Liège-Guillemins.

Renvoi des responsabilités entre SNCB et Deutsche Bahn

Divers échanges écrits ont eu lieu entre le Groupe de travail et la Deutsche Bahn pour tenter de maintenir les horaires tels qu’avant décembre 2017. « Très rapidement, la Deutsche Bahn mentionnait dans un mail qu’elle n’était pas responsable de la gestion des horaires à Bruxelles et nous renvoyait vers la SNCB », commente le Groupe de travail. Et d’ajouter que : « après plusieurs mois et au cours d’une des réunions, la copie d’un courrier émanant de la Deutsche Bahn -jamais arrivé jusqu’à nous- nous a été remise. L’entreprise allemande y confirme vouloir harmoniser ses horaires avec un départ de son ICE 215 à 16h25 de Bruxelles-Midi (au lieu de 16h16 !), occupant ainsi l’actuel sillon utilisé par le P 8444. Cette confirmation clôt dès lors toute possibilité de négociation, la règlementation donnant la priorité aux trains internationaux pour l’attribution des sillons de circulation ».

Refus de toute alternative de la part de la SNCB

Malgré un soutien au travers de courriers et motions des Conseils communaux d’Ans, Juprelle, Saint-Nicolas et Grâce-Hollogne, malgré l’envoi d’une pétition de plus de 900 utilisateurs signalant leur opposition à cette suppression et malgré les alternatives proposées par les navetteurs et relayées par le groupe de travail, la SNCB a confirmé son refus d’adaptation, se contentant de répéter son renvoi des voyageurs lésés vers le reste de l’offre.

Pour le Groupe de travail : « La SNCB refuse toutes nos alternatives pour des motifs très discutables et nous sommes persuadés qu’aucun élément objectif n’empêche un arrêt supplémentaire à Ans sur l’un des trains de la relation Courtrai-Welkenraedt. Nous constatons un blocage volontaire à certains niveaux hiérarchiques de la SNCB. Ces mêmes décideurs ont préféré nous écrire plutôt que de nous rencontrer, déléguant cette tâche à d’autres personnes au sein de leur entreprise et ce, malgré une demande dans ce sens lors de la dernière réunion avec notre Groupe de travail ! ».

Des exceptions dans d’autres cas

Extraits du courrier SNCB (Direction Transport) du 12 octobre 2017

« Faire un arrêt exceptionnel sur l’IC 415 est donc en contradiction avec un équilibre que nous nous devons d’appliquer (…) Nous ne pourrions en effet pas expliquer pourquoi cet IC s’arrête à 17h22 et pas aux autres moments de la journée (…) Par ailleurs, les arrêts exceptionnels revêtent un caractère de risques opérationnels importants, notamment car notre personnel, qui assure une relation sans s’arrêter dans une gare déterminée, devrait y marquer un arrêt pour un train précis. Cela cadre avec notre volonté, depuis 2014, de réduire ces cas de figure et de revenir à des structures d’offre plus claires et cohérentes ».

Dans les faits, des arrêts exceptionnels à Dolhain-Gileppe existent sur cette même relation : IC 430 Welkenraedt-Courtrai (7h53) - IC 405 Courtrai-Welkenraedt (8h08) - IC 414 Courtrai-Welkenraedt (17h09).

Liège, Ans, Bressoux et Visé pénalisées à des degrés divers

Selon un comptage réalisé le 13 juin 2017, le train P 8444 était occupé par 713 voyageurs : 383 sont descendus à Liège, 243 à Ans, 39 à Bressoux et 48 à Visé. La SNCB ne semblait pas informée de ce taux d’occupation puisqu’elle évoquait des chiffres bien inférieurs.

Le report des voyageurs sur le reste de l’offre engendrera des problèmes en termes d’horaires, de temps de trajets allongés, de suroccupation, sans oublier des problèmes de ponctualité. L’impossibilité d’une arrivée à destination avant 18h (en tenant compte de l’impact des retards fréquents) causera sans aucun doute des soucis, principalement pour les « travailleurs-parents » qui doivent récupérer leurs enfants dans les crèches ou les écoles, créant une difficulté supplémentaire pour concilier vie privée et vie professionnelle pour ces navetteurs qui ne pourront plus prendre le train à Ans, Bressoux et Visé, par manque de volonté d’une entreprise publique de maintenir une offre en adéquation avec les besoins d’une partie de ses usagers.

Alternatives proposées par la SNCB et impacts pour les voyageurs

Voyageurs à destination de Bressoux et Visé

L’alternative proposée consiste à emprunter le train IC 415 au départ de Bruxelles-Midi à 16h27 avec pour conséquences :
- La suppression d’un train direct ;
- Un risque au niveau de la correspondance à Liège-Guillemins malgré les délais d’attente ;
- Un risque de suroccupation malgré 248 places supplémentaires ;
- Une arrivée à destination 17’ plus tard à Bressoux et 16’ plus tard à Visé.

Voyageurs à destination d’Ans

La première alternative proposée consiste à emprunter le train P 8445 au départ de Bruxelles-Midi à 16h48 avec pour conséquences :
- Des risques en matière de ponctualité ;
- Un risque de suroccupation étant donné le regroupement de deux trains en un ;
- Une arrivée à destination 30’ plus tard à Ans dans le meilleur des cas.

La deuxième alternative proposée consiste à emprunter le train P 8400 au départ de Bruxelles-Midi à 16h03 :
- Des risques en matière de ponctualité ;
- Un départ trop tôt de Bruxelles, bon nombre de travailleurs ne pouvant quitter leur travail avant 16h00 ;
- Un temps de parcours qui passe de 51’ à 79’ entre Bruxelles-Midi et Ans ;
- Des trajets dans un matériel beaucoup moins confortable.

Une seule proposition de la SNCB, refusée par les voyageurs

La proposition refusée, en concertation avec les voyageurs concernés, consistait à avancer le départ des deux trains P 8445 et P 8446 (nouveau en décembre) de 9’ avec des départs respectifs à 16h39 et 17h39 de Bruxelles-Midi.

Le groupe de travail a estimé que si cette solution pouvait convenir aux voyageurs de/vers Ans, elle allait inévitablement pénaliser les voyageurs de/vers Bressoux et Visé. En effet cette proposition alternative allait entraîner la limitation des trains P 8445 et P 8446 à Liège-Guillemins, entraînant une obligation de correspondance et à terme, un risque de suppression des trains directs au départ de Visé.

Nouveau parking à Ans et désengorgement à l’entrée de Liège

Alors qu’un parking de 400 places et une passerelle d’accès à la gare d’Ans doivent prochainement voir le jour, la SNCB diminue l’attractivité de l’offre dans cette gare au lieu de la maintenir, voire de l’augmenter. Cette décision va à l’encontre de la volonté de promouvoir l’utilisation des transports en commun afin de désengorger le trafic automobile vers les grandes villes comme Liège. La congestion automobile est telle aux heures de pointe à la sortie des parkings SNCB de Liège-Guillemins qu’il faut parfois plus de dix minutes pour rejoindre l’autoroute située à quelques centaines de mètres, sans compter les prix prohibitifs desdits parkings !

« Lorsqu’on a une réelle volonté de promouvoir l’utilisation des transports en commun, on doit pouvoir offrir au voyageur une alternative valable. Malgré les beaux slogans, nous avons le sentiment que la SNCB entame un processus de diminution de la qualité de l’offre, notamment à Ans, pourtant idéalement située et qu’elle fait fi des réels besoins et souhaits de ses utilisateurs. De plus, nous craignons des effets négatifs sur la fréquentation de cette gare, ce qui pourrait dans le futur entraîner de nouvelles réductions de l’offre déjà faible. C’est une spirale négative que la SNCB semble avoir enclenché ! », estime le Groupe de travail.

De beaux slogans …

Malgré de beaux slogans tels que « Le client doit être au centre de toutes les décisions », « Nous sommes là pour vous », la SNCB se permet de supprimer, entre 16h et 17h, un train direct de près de 900 places assises, sans aucune alternative permettant de limiter l’impact d’un choix dicté par une règlementation privilégiant les trains privés internationaux au détriment de nombreux travailleurs et étudiants. Ces navetteurs concilieront encore plus difficilement vie professionnelle et familiale et voyageront dans des conditions bien moins confortables à partir du mois de décembre. Le progrès et l’augmentation de l’offre semblent être à géométrie variable selon la région où l’on habite ! La Deutsche Bahn impose, la SNCB accepte et laisse certains de ses voyageurs sur le quai !

 

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